Du 24 mai au 3 juin 2018
Départ le dimanche 27 mai 2018
Village public quai Vendeuvre


Dimanche 14 mai 2017

 

24 Class40 à l’assaut de la Manche et de l’Atlantique ; beau départ sous le soleil !

 

La longue journée dominicale du départ de la Normandy Channel Race s’est déroulée sous les meilleurs auspices, de vent et de soleil. Dès midi, les 24 duos en lice sur leurs véloces monocoques de la Class40 ont entamé la traditionnelle parade le long du canal de l’Orne, en direction d’Ouistreham et de son écluse. Une fois le sas passé sous les encouragements d’une foule nombreuse, les équipages se trouvaient livrés à eux mêmes, et à ce millier de milles semés d’embûches à parcourir via le Solent, les Scilly, Tuskar et Fastnet, avant de revenir à leur point de départ Calvadossien, en fin de semaine prochaine probablement. Nervosité pour les uns, concentration pour les autres, l’anticipation des nombreux pièges météos de la course habitait déjà les marins, tous conscients de l’importance des toutes premières heures de course, quand la bascule du vent de secteur nord est au sud ouest allait à coup sûr privilégier la tête de la flotte en route pour le premier point de passage de cette si Normande épreuve, le contournement des îles Saint Marcouf au large du Cotentin. Avec une grande variété d’allures au programme, les duos de skippers partent avec la certitude d’une édition 2017 rapide et tonique, puisque les premières estimations voient les leaders revenir en baie de l’Orne dès vendredi matin.

 

Du sport, de la tactique, des passages à niveau…

La Normandy Channel Race millésimée 2017 fait d’emblée saliver les amateurs de belles régates, au contact, dans des conditions de vent et de mer changeantes radicalement d’un jour à l’autre. Un premier examen des fichiers météos laisse en effet envisager des configurations de navigations extrêmement variées, après un départ dans un léger thermique de secteur nord est. C’est Région Normandie, au duo Olivier Cardin – Cédric Château qui, dès le coup de canon prenait le commandement pour ouvrir la voie d’un petit triangle spectacle vers les Lucs. L’équipage Belgo-Néerlandais de Moonpalace (Michel Kleinjans et Roeland Franssens) surprenanit en enroulant en tête la dernière marque de passage de ce petit triangle de mise en jambe, devançant de quelques encablures les Normands de « Calvados (Claire Pruvot et Louis Duc), et de région Normandie.

Très rapidement après ce parcours côtier disputé au large d’Hermanville, le vent basculera au sud ouest avec l’arrivée d’une première dépression, non sans avoir torturé les méninges des navigateurs lors de l’inévitable phase de transition. La traversée de la Manche s’effectuera cette nuit aux allures portantes dans un vent fraichissant. Un empannage éminemment tactique devra être déclenché en milieu du « Channel », au coeur de l’intense trafic maritime. Un peu de près pour sortir du Solent anglais par les Needles,  et ce sera un long bord débridé vers la pointe de la Cornouaille anglaise. Le premier épisode un peu virulent de cette NCR 2017  interviendra à Land’s End, lorsque la forte houle viendra s’ajouter à un puissant flux de secteur ouest. Après s’être extirpé de cette zone rendue plus délicate encore par la présence d’un Dispositif de Séparation du Trafic (DST), interdit aux coureurs, c’est au portant que s’effectuera la remontée vers Tuskar. A cet épisode pour une fois agréable pour les marins durement secoués en cet endroit l’an passé, succédera l’épreuve du près sur la route du Fastnet, dans du vent fort tout au long des 140 milles qui séparent les deux phares Irlandais. Les « survivants » toucheront alors le Graal, avec une ébouriffante descente au portant, tout schuss vers les Anglo-Normandes et Guernesey.

 

Une course aux multiples visages

Tantôt rapide et tourmentée, tantôt lente et fastidieuse, la Normandy Channel Race écrit chaque année depuis sa création de riches histoires de mer et de marins, scandées par des performances toujours remarquables. Thomas Ruyant et Tanguy Leglatin signaient en 2010 le premier chapitre du beau livre de la course, en parcourant  1 124 milles pour s’imposer, à la vitesse moyenne sur l’eau de 6,90 noeuds. Tanguy Delamotte allait l’année suivante s’imposer à 9,28 noeuds de vitesse moyenne sur l’eau. L’Allemand Jorg Riechers gagnait lui la plus courte des Normandy Channel Race, avec un parcours réduit à 645 milles, qu’il couvrait à 8,43 noeuds de moyenne. C’est l’édition 2016 qui s’inscrit à ce jour comme l’opus le plus rapide, les Espagnols de Talés avalant 1 055 milles à 9,27 noeuds de vitesse.

 

Et pour suivre la course de 15 mn en 15 mn…. http://www.normandy-race.com/index/followrace

Mais pour s’amuser, rejoignez les 15 000 participants à Virtual Regratta : http://www.virtualregatta.com/index_ncr2017.php

 

Photos : Jean Marie Liot

 

Ils ont dit

Eric Varin, Evernex - Delicecook

« On est très sereins car on a beaucoup navigué en début de saison. On se connait très bien avec Brieuc (Maisonneuve), on navigue ensemble depuis 35 ans. Il ne faudra pas être trop joueur, ni prendre le risque de se faire lâcher dès le départ. Il n’y aura pas beaucoup de repos jusqu’à Saint Marcouf. Il faudra essayer de se reposer en Manche avant un gros morceau de bravoure dans le Solent anglais. Notre ambition est avant tout de se faire plaisir… »

 

Ari Kanakoski (Finland) , Fuji

« La météo se présente bien pour notre type de bateau. Nous ne prendrons pas de risques météos intempestifs. Nous allons essayer de nous accrocher avec notre bateau de l’ancienne génération… »

 

Claire Pruvot, Calvados

« On va partir dans peu de vent, donc ambiance régate dès le départ. Avec le vent qui va rentrer par l’ouest, il faudra être devant tout de suite. Sûrement des zones de transition à gérer entre thermique et synoptique. Ni Louis ni moi n’avons beaucoup navigué ; il faudra nous amariner car le vent va monter très vite, très fort jusqu’à Tuskar et sûrement du louvoyage jusqu’au Fastnet. On va bien prendre nos repères, puis on va s’adapter… »

 

Manu Cousin, Groupe Setin

« La pression monte doucement. On a hâte d’y aller. On sait à quelle sauce météo on va être mangé. On est prêt. Cela va aller crescendo, avec dès lundi des conditions plus musclées. Pour ma troisième participation, on va essayer de jouer avec les camarades et montrer nos couleurs. Il faudra savoir faire le dos rond. Je pratique le Solent depuis longtemps, navigant depuis Saint Valérie en Caux. C’est un endroit que j’aime bien. »

 

Pablo Santurde, Imerys

« Très excité par ce départ. On attend du vent le long des côtes anglaises. Mais cela se présente bien. Je commence à bien me familiariser avec le bateau de Phil, qui a beaucoup de points communs avec Talès, le bateau avec lequel j’ai gagné l’an passé. Il faudra être prudent au départ, mais cette course est très piégeuse, et il ne faudra pas trainer en route.. »

 

Antoine Carpentier, V and B

« La mer d’Irlande s’annonce compliquée pour les bateaux et les bonhommes. On a l’ambition de bien faire, donc il ne faudra pas trop regarder les copains. Cette course est très intéressante. On va pouvoir se comparer bord à bord avec 23 bateaux. Mais les écarts peuvent aussi se faire très brutalement. Le Solent est un passage très sympa, près de Cowes, la Mecque de la voile Européenne. J’aime beaucoup y naviguer… »