Du 11 au 21 mai 2017
Départ le dimanche 14 mai 2017
Village public quai Vendeuvre


Vendredi 19 mai 2017

 

Phil Sharp et Pablo Santurde, vainqueurs de la plus complète des Normandy Channel race

 

 

Dès 8 éditions de la grande classique normande imaginée par Manfred Ramspacher en 2010, le duo inédit, constitué du Britannique natif et résidant à Jersey Phil Sharp, et du marin Espagnol de Santander Pablo Santurde, vient de remporter la plus complète car disputée, une fois n’est pas coutume, dans son intégralité, et la plus riche en intensité et en rebondissements de tous les précédents opus. Nombreux changements de leaders, innombrables faits de course, grande variété de schémas météos, ont rendu jour après jour l’épreuve plus palpitante. La Normandy Channel Race couronne en ce printemps d’implacables vainqueurs, et célèbre un esprit particulier de la régate au contact, sans répit et sans concession au sport, dans un esprit convivial et bon enfant attesté par les éclats de rire des marins qui ont toute la matinée résonné dans les écluses d’Ouistreham.

 

Un temps référence sur l’intégralité du parcours

Le Class40 Britannique Imerys de Phil Sharp et Pablo Santurde a donc triomphé ce matin  de la Normandy Channel Race. Il a franchi la ligne d’arrivée mouillée devant Hermanville à 3 heures, 45 minutes et 50 secondes. Son temps de course est de  4 jours, 11 heures, 15 minutes et 50 secondes, un temps qui fera référence. II a parcouru les 961 milles du parcours théorique, à la vitesse moyenne de 9,04 noeuds. Il a en réalité parcouru 1 091 milles sur le fonds, à la vitesse moyenne de 10,17 noeuds. Ses brillants dauphins, Serenis Consulting au duo Jean Galfione-Nicolas Troussel et V and B de Maxime Sorel et Antoine Carpentier sont relégués à plus de 3 heures.

 

Un  cavalier seul et d’innombrables duels

C’est l’un des paradoxes de cette édition, la course s’est en définitive jouée en deux temps, tous aussi disputés l’un que l’autre. Jusqu’au passage à Land’s End, la bagarre de tous les instants a concerné une bonne quinzaine de bateaux, dont les plus virulents, Serenis Consulting, V and B et Imerys, se sont partagés le leadership. Passé Wolf Rock, Imerys a placé un coup d’accélérateur décisif, disparaissant pour de bon des écrans radars de ses adversaires. Commençait pour Pablo et Phil un long cavalier seul, scandé par de brutaux changements de régime, entre le près le plus inconfortable, et la « glissade » estivale si grandement apprécié des marins. Derrière ce « one boat show », la Normandy Channel Race se réinventait un scénario à couper le souffle, puisque pas moins de 9 bateaux dans un mouchoir de poche plongeaient à pleine vitesse en une descente tout schuss au portant depuis le Fastnet vers les Anglo-Normandes. L’émulation était à son comble, entre les deux dauphins Serenis Consulting et V and B, mais aussi à quelques encablures, entre pas moins de 4 bateaux Normands pressés de laisser leur marque sur l’épreuve, Brieuc Maisonneuve-Eric Varin (Evernex Delicecook), Halvard Mabire et Miranda Merron (Campagne de France), Claire Pruvot et Louis Duc (Calvados) et Marc Lepesquenx associé à Jean-Charles Monnet (Sensation Class40).

Un parcours complet bouclé en un temps record, plus de 10 noeuds de moyenne sur le fonds, des schémas météos multiples et variés, une lutte au contact de tous les instants (49 petites secondes séparent Evernex - Delicecook de Campagne de France… le concept original d’une épreuve au départ et à l’arrivée de Caen dans cet écrin nautique de la Manche et de la Mer Celtique, a une nouvelle fois séduit les marins, et captivé les aficionados de belles joutes nautiques.

 

Le facteur sonne toujours deux fois.

Pablo Santurde, le marin de Santander, signe donc un exploit unique dans l’histoire de la Normandy Channel Race, avec cette deuxième victoire, consécutive de surcroit, et sur deux bateaux différentes (Talès II avec Fidel Turienzo en 2016). Mais c’est aussi une deuxième victoire pour ce bateau, le Mach 40 N° 130 lancé en 2013 pour Sébastien Rogues (GDF Suez), qui remportait l’épreuve en 2014 associé à Bertrand Castelnérac. Pablo impressionne. Il semble invincible en Class40 puisqu’il a remporté l’an passé la Transat Québec Saint Malo à bord de Talés II en compagnie de Gonzalo Bottin. Il a, avec le même équipage, remporté The Atlantic Cup, avant d’inscrire aujourd’hui, et pour la deuxième fois, son nom au palmarès de la Normandy Channel race.

 

Ils ont dit :

Phil Sharp - Imerys

« C’est une énorme satisfaction. Ca été une course longue, très difficile, avec des conditions météos très variées. Durant la première partie de la course, on a rivalisé bord à bord avec de nombreux bateaux. Puis dans un deuxième temps, on s’est retrouvé un peu seul, livré à nous même, ce qui n’était pas vraiment plus facile car il fallait continuer d’attaquer tout en faisant notre route tout seul pour accentuer notre avance. Ca a été fantastique. Des conditions variées, et on livre une course vraiment propre, sans erreur. C’est super de revenir ainsi et de gagner. J’ai terminé deuxième l’an passé, pour deux minutes et 48 secondes face à Pablo qui était à bord de Talés. On s’est dit que l’un d’entre nous allait se mettre à la proue pour terminer devant l’autre cette fois. « 

Pablo Santurde : « Cela a été totalement différent de l’année dernière, car nous avons pu créer assez rapidement un immense écart, alors que l’an passé, nous étions vraiment bord à bord avec Phil. Depuis le Fastnet, on a attaqué très fort pour accentuer notre avance. Je suis aussi heureux que l’an passé.  Phil ne semble jamais fatigué, ni frigorifié comme moi! C’est un gars très costaud! Un anglais! Je crois que j’aimerai revenir pour une troisième victoire! »

Manfred Ramspacher, organisateur

« Un très beau vainqueur, avec un équipage international, et une superbe bagarre au sein des équipages normands, c’est une belle édition avec le meilleur de ce que la course sait offrir, un panel très varié de météo et de conditions de navigation. Il est très rare de trouver des courses qui proposent l’ensemble de ces éléments, course côtière, régate, en un même événement. »

Claire Pruvot, Calvados

« On est parti dans l’inconnu avec un bateau préparé tardivement. Il a très bien tenu, y compris dans le gros temps. Je suis ravie de cette 6ème place. Louis voulait un Top 10. Avec Louis, on a bien joué. Le vainqueur fait une course parfaite, et derrière on a su rester dans le matche. Naviguer avec Louis, c’est toujours aussi génial. Il m’apporte énormément. Le bateau a du potentiel. A moi de le maitriser… »

Jean Galfione - Serenis Consulting

« Une superbe deuxième place, avec un plateau très relevé. On était 8ème l’an passé avec Nico (Troussel). On s’est battu avec V and B, souvent à vue, sur toutes les phases où il y avait du jeu. Je n’ai pas aimé la côte anglaise avec une mer détestable. Mais la fin de course, sous spi a été géniale, toujours au contact. »

Halvard Mabire - Campagne de France

« Brieuc Maisonneuve avait pour objectif de me battre, et moi, de le battre. C’est raté pour moi, pour quelques secondes. Tant mieux pour lui. On s’est bien amusé dans cette bagarre de Normands. Ca s’est joué au casier. Nous en avons tous deux heurté un, qui nous a tous deux ralentis. »

Brieuc Maisonneuve – Evernex - Delicook

« Halvard est un peu mon père spirituel. J’ai donc en quelque sorte, un peu tué le père aujourd’hui (Rires). On s’est beaucoup amusé nous aussi, à régater entre bateaux Normands. »

Louis Duc - Calvados

« On a navigué au contact depuis le départ, puis avec les bateaux de tête, malgré notre bateau un peu moins puissant. On a su attaquer aux bons moments, et cela nous a permis d’accrocher les bateaux de tête. On passe au Fastnet à la bagarre pour la troisième place, à quelques dizaines de mètres de trois autres bateaux! Une belle image! Nouveaux croisements à Land’s End! Ca a joué tout le temps, et on s’est bien amusé. On a fait tout le parcours, et en un temps record de surcroit. »

Maxime Sorel – V and B

« On fait la même place que l’an dernier, troisième, mais la comparaison s’arrête là. L’intensité cette année a été beaucoup plus forte. On a joué aux avant-postes sur la durée. On a eu un souci avec le spi médium, et on a navigué avec la mauvaise voile jusqu’à Tuskar. Phil et Pablo sont partis. On voulait cette deuxième place, face à « Monsieur » Nicolas Troussel. On tape ensuite un casier et on abîme un safran. On a navigué sans informatique. On connait bien le bateau et on a cherché à bien se placer sur le plan d’eau. On ignorait tout du placement de nos adversaires, et des changements météos. Après le Fastnet, on vire un peu tard et on perd 8 ou 9 places.. Ce fut en tous cas une superbe édition. »