Du 16 au 26 mai 2019
Départ le dimanche 19 mai 2019
Village public quai Vendeuvre


Lundi 28 mai 2018

 

La Normandy Strategic race tient ses promesses

« Ce n’est pas une course de vitesse, mais une épreuve hautement stratégique ». Ainsi David Lasnier, conseiller météo de l’épreuve, résume-t’il les premières 24 heures de la 9ème édition de la Normandy Channel race, partie hier après-midi d’Ouistreham. Si les vitesses n’ont en Baie de Seine puis en Manche guère affolé les speedomètres, ce sont bien les esprits des duos en lice qui ont maintes fois frôlé la surchauffe. Courants et orages se sont additionnés toute la nuit et aujourd’hui encore pour soumettre les Class40 à un véritable casse tête, dont au final seule une dizaine semble être, provisoirement, parvenue à trouver la solution. Le vent faible et irrégulier combiné aux différentes renverses de courant du Solent, ce bras de mer entre île de Wight et sud de l’Angleterre, a créé un premier « passage à niveaux », libérant une dizaine de duos, et enfermant impitoyablement le gros de la flotte dans les affres de zones totalement déventées et agitées de forts courants contraires dans l’est de l’île. L’addition sera sévère ce soir, tandis qu’un groupe d’inspirés opportunistes va tenter toute la nuit prochaine de se faire la belle à la faveur d’un renforcement d’un vent de secteur Nord Est. Dès ses premières heures de course, la Normandy Channel race vient de connaitre son premier coup de théâtre.

 

 

Ces Normands qui ne lâchent rien

Très en vue depuis le coup de canon de départ, les équipages Normands continuent de tenir le haut du pavé de cette exceptionnelle édition de la grande classique Normande. Après Région Normandie (Cardin-Charron)et Manorga (Jossier-Hardy) un moment aux commande, c’est Miranda Merron, (Campagne de France) domiciliée à Hamble, qui n’a laissé à personne le soin d’entrer dans son jardin du Solent en début de matinée, avec son compagnon Halvard Mabire rivé à la barre. Une navigation singulière, basée sur l’analyse des courants débutait alors pour un groupe de tête composée de 7 unités. Le vent tournait à loisir entre le secteur Nord et le secteur Sud Ouest, selon la puissance de l’effet thermique provoqué par la proximité du littoral. C’est un autre normand, Louis Duc associé à Gwen Riou sur le tout nouveau-tout beau Carac qui débouchait en tête aux Needles, dans l’ouest de île de Wight, et qui cédait vite le pouvoir à un Campagne de France en glissade sous son vent accompagné de Serenis Consulting (Galfione-Pennaneach). On notait alors le retour tonitruant aux avant postes du duo Marsset-Nelias (Campings Tohapi), et du grand animateur de la nuit Aina Enfance et Avenir au duo Chappellier- Delahaye, pénalisé en fin de matinée par un semi échouage sur un banc de sable du Solent.

Entre le très éphémère leader Campagne de France, et le V and B de Maxime Sorel et Antoine Carpentier, ce sont donc 10 bateaux qui dès la fin d’après midi s’échappaient du piège du Solent, et entamaient le long tronçon éminemment piégeux vers Wolf Rock, laissant le gros de la flotte au supplice d’un solent pétoleux.

 

 

Les orages, toujours et encore…

Les phénomènes orageux demeurent plus que jamais au programme des duos en route vers Land ’s End. Ce renforcement orageux devrait s’accompagner dès le début de nuit du fraîchissement du vent au secteur Nord Est, très favorable pour avancer aux allures portantes ou de reaching vers la pointe de la Cornouaille anglaise. Gare encore une fois aux phénomènes de pointes et aux courants associés, à Portland Bill, Starpoint et au cap Lizard. Malgré les petits airs, la tête de flotte avance remarquablement et tient un excellent timing. A défaut de vitesses élevées et d’envolées spectaculaires, la régate a pris un tour d’une impressionnante intensité stratégique, le petit temps, gommant pour l’heure les évidentes disparités entre bateaux de différentes générations. Ainsi découvre-t’on avec plaisir dans le gruppetto des échappés du jour, des voiliers aussi « vénérables » que le Volvo de Jonas Gerkebns et Fred Duthill, un millésime de 2011, au contact de l’un des derniers nés de la flotte, Lamotte Module Création au duo Berry-Levaillant.

Rien n’est cependant irrémédiablement joué dans cette Normandy Channel race ; le vent de Nord Est devrait permettre à nombre de poursuivants de se refaire durant la nuit, avec l’espoir sans doute que la météo décidément bien capricieuse, vienne entraver la belle progression des leaders.