Du 16 au 26 mai 2019
Départ le dimanche 19 mai 2019
Village public quai Vendeuvre


Mardi 29 mai 2018

 

En route vers Tuskar

Le premier épisode en Manche de la Normandy Channel race n’a, contrairement à certaines éditions, pas réussi à effectuer un premier tri sélectif au sein des 26 protagonistes de la course. Seuls les japonais Hiroshi Kitada et Fumiyoshi Tomouchi (Kiho)*, manqueront ce soir à l’appel du nouveau morceau de bravoure de la course, la remontée au près de la Mer Celtique en direction du phare de Tuskar. Les 14 leaders « historiques » échappés lors du passage dans le Solent ont abordé ce col classé première catégorie dès la fin de la matinée, emmenés par d’alternatifs et éphémères leaders que l’on peut citer sans ordre d’apparition à l’écran, tant les changements de leader se multiplient au gré des risées et des bords rapprochants, Imerys (Sharp-Pulvé), Aina Enfance et Avenir (Chappellier-Delahaye), Carac (Duc-Riou), Volvo (Gerckens-Duthil) ou Lamotte Module Création (Berry - Le vaillant). Ecarts minimes, de l’ordre des hectomètres, multiples bouleversements en haut des classements, physionomie  changeante de la course au rythme des paysages, la Normandy Channel race, loin de révéler ses lauréats, réserve à n’en point douter, nombre de rebondissements.

 

La mer celtique au rappel.

C’est donc au près, dans un  flux de secteur Nord Nord Est que les 14 protagonistes de tête abordent depuis la mi-journée la traversée de la mer Celtique en direction de Tuskar. Comme prévu, le contournement de la pointe occidentale dal cornouille anglaise, Land’s End, a donné lieu à un ralentissement plus ou moins prononcé  selon les risées dans une baie très abritée des vents de Nord Est. Passé cet écueil, les Class40 retrouvent un vent plus frais et mieux établi, qui devrait leur permettre de parer Tuskar en milieu de nuit prochaine. Les écarts chiffrés en centaines de mètres, se sont légèrement étirés pour les malchanceux pris dans les caprices d’Eole, à l’instar de Campagne de France et de Miranda Merron qui pestait à la vue de ses voisins de cordées en capacité à quelques « yards » près de bénéficier de suffisamment d’air pour s’échapper. Plus prompte à trouver du vent frais, Imerys est bien le premier à allonger ce soir la foulée cap sur l’Irlande.

 

Le gros de la flotte cravache vers Wolf Rock

A une vingtaine de mille des leaders, Fondation DigestScience de Romain Rossi et Sylvain Pontu fermait la marche du groupe de tête, une belle performance pour ce tout nouveau projet. Le reste de la flotte, si malheureux lundi, peut se gratifier d’une belle journée le long du sud de l’Angleterre. Emmené par les anglais Peter Harding et Sam Goodchild (All in for the rhum), ce groupe de chasse cravache pour recoller au gruppetto, et avec un certain succès puisque le dernier au classement général provisoire, Gras Savoie Berger Simon (Burger-Roussey), a ramené son déficit de la nuit de plus de 100 milles à moins de 75. Certes, ces poursuivants vont à leur tour venir buter dans les dévents de Land’s End. Ils ont pour l’heure repris bon moral et livrent, à l’instar d’un Oman sail au duo Le Brec-Vincent Riou désormais 18ème, une belle course de rattrapage.

 

Ils ont dit :

Phil Sharp (Imerys) : "C’est bon d’avoir à nouveau du vent régulier, après la pétole d’hier! La course est encore longue et nous commençons seulement à trouver notre rythme. La vie à bord a été très fatiguante pour Julien et moi-même, avec de nombreuses bascules de vent qui nous ont empêché d’entrer dans un rythme de vie régulier. On s’arrange pourtant pour dormir environ deux heures chacun par nuit. Julien s’est très rapidement fait au bateau, alors qu’il n’avait précédemment navigué à bord qu’à une seule reprise. Il a marqué le nom de chaque bout au marker en français, et cela m’aide beaucoup à apprendre le vocabulaire maritime français. »

 

Adrien Hardy (ManOrga) : « Après une journée passée au milieux des jet-ski à étudier les courants du Solent, nous avons enfin retrouvé du vent, ce qui a fait monter en flèche le moral du bord. On espère pouvoir revenir sur le groupe devant nous...sait-on jamais ! En tout cas, après un lundi au soleil, c'est un mardi gris et humide... décidément, les anglais ne nous déçoivent jamais! »

 

Jean Galfione (Serenis Consulting)  : « On se bat avec la pétole depuis deux jours. Cette nuit, on a pu avancer un peu mais depuis ce matin, c’est de nouveau la mouise. Actuellement, on est bien scotché devant Land’s End. Heureusement, on a le courant avec nous ce qui nous permet d’avancer à 3 nœuds. Les premiers ont redécollé. C’est la course qui est comme ça, constamment à coups d’élastique. Hier matin, quand tout le monde était planté dans la pétole après l’île de Wight, on est bien revenu alors qu’on était un peu largué. On voit bien qu’il y a des chassés croisés à tout moment et que tout peut arriver. Il faut être patient mais c’est vrai que c’est un peu énervant. Il faut beaucoup d’énergie et d’attention pour faire avancer le bateau. On guette les risées en permanence. Impossible de se reposer dans ce type de conditions. C’est énervant mais pas trop stressant dans la mesure où on sait que les autres sont logés à la même enseigne. Là, on devrait avoir entre 10 et 12 nœuds et avancer au près. On n’a rien de tout ça. Comme je l’ai dit, il faut être patient. »

 

Miranda Merron (Campagne de France) : « Au jeu de l’échelle, nous avons eu plus de serpents que d’échelles ! la loterie du parking à Land’s End a été cruelle pour nous. Des bateaux situés tout près de nous se sont échappés dans un faible souffle de vent, nous laissant pantois sous un mauvais nuage noir. »