Du 10 au 20 septembre 2020
Départ le dimanche 13 septembre 2020
Village public quai Vendeuvre


Les premières 24 heures de course de cette 7ème Normandy Channel race ont vu les 27 protagonistes engagés dévorer à toute allure la partie transmanche et anglaise de l’épreuve. Près de 240 milles sur une distance totale théorique de 965 ont déjà été parcourus à 10 noeuds de moyenne sur le fond. C’est l’Anglais Phil Sharp (Imerys), associé au Français Sam Manuard qui n’a laissé à personne le privilège d’ouvrir la route au plus près de ses rivages Britanniques. En tête depuis son joli coup tactique lors du passage des îles Saint Marcouf, Imerys effectue un sans faute, et profite à plein de sa position de leader qui lui permet de toucher en premier les accélérations du vent au fur et à mesure de la progression des bateaux vers l’ouest. Alors que la flotte s’étire déjà sur toute la largeur de la baie de Dartmouth, soit près de 50 milles, les équipages sevrés de sommeil et ballotés par un mauvais clapot, continuent de tirer fort sur leurs machines dans leur hâte de parer au plus vite Wolf rock, marque d’entrée en Mer Celtique, où de tout petits airs devraient s’installer avec la nuit. Un premier passage à niveau est peut être en cours d’établissement, qui pourrait sévèrement punir les retardataires.

 

Confirmations et surprises…

C’est sans surprise que les observateurs auront noté dès les tout premiers bords de la course, les présences aux avant-postes des ténors de la Classe, et des principaux animateurs de la saison océanique en cours. Phil Sharp (Imerys), vainqueur de la Route du Rhum 2006, a en juin dernier, et pour son retour en Class40, montré tout son talent et sa détermination en s’emparant, malgré une grand voile en lambeaux, de la troisième marche du podium de The Transat, la course en solitaire entre Plymouth et New York. Il bataille aujourd’hui face aux deux grands triomphateurs de l’année, Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires En Peloton – ARSEP), vainqueur de cette même The Transat, et Talès II, voilier vainqueur de la récente Transat Québec Saint-Malo en juillet dernier. La Normandy Channel race  revêt un peu des allures de finale dans la lutte que se livre ces trois bateaux. En quête lui aussi de confirmation, à défaut de rachat après un été compliqué, le jeune Maxime Sorel, associé à Hugo Dalhenne semble enfin s’exprimer avec la plus grande aisance à la barre de son Mach 40 V and B. Il dispute âprement le gain de la troisième place en glissant au vent des Espagnols de Talès II . Catherine Pourre et Antoine Carpentier, s’ils avaient annoncé vouloir partir prudemment, se sont vite pris au jeu de la régate. Leur Earendil est rapide à toutes les allures et le démontre une nouvelle fois depuis le départ de Ouistreham. C’est à Marc Lepesqueux que revient ce soir la palme de la belle surprise du jour. Avec l’aide du Méditerranéen spécialiste du Figaro Laurent Pellecuer, il fait briller de mille feux son Sabrosa 40 en tenant la dragée haute à ses deux rivaux Normands, Brieuc Maisonneuve (Delicecook) et Halvard Mabire (Campagne de  France) et en s’accrochant avec une belle obstination à son fauteuil de 6ème. A noter dans ce top 10, la présence des Norvégiens Ruune Asberg et Simen Lovgren, parfaitement à leur aise à bord de Solo 2, un Tizh40 dont on connait les grandes qualités.

 

Provisoires déceptions

Au registre de très légères et très provisoires déceptions, on placera la modeste 20ème place de Louis Duc et Claire Pruvot. Si leur Carac n’est certes plus de toute première jeunesse  (Akilaria de 2008), Louis a prouvé tout au long de la saison sa capacité à titiller les meilleurs. Jean Galfione, accompagné du tenant du titre Nicolas Troussel, à bord du bateau vainqueur l’an dernier et désormais rebaptisé Serenis Consulting entame une patiente remontée vers la tête de course, à déjà 11 milles du leader.

 

Brieuc Maisonneuve à Dartmouth

Le skipper de Delicecook, Class40 N°148, Brieuc Maisonneuve, qui fait équipe avec Fabien Delahaye, a signifié à la Direction de course lors de la vacation de la mi-journée son intention de se détourner sur Dartmouth, dans le sud de l‘Angleterre, et d’abandonner la course, victime d’une avarie sur le safran bâbord.

Une mer Celtique tonique

Le vent de sud va se renforcer à l’approche de Land’s End, à la pointe de la Cornouaille anglaise. S’en suivra un bref épisode de vents faibles et erratiques, avant l’arrivée d’un front dépressionnaire assez virulent, avec des vents de secteur nord-nord ouest puissants. La remontée vers le phare de Tuskar s’annonce musclée, aux allures proches du lit du vent.

 

Ils ont dit :

Phil Sharp (Imerys)

« Ce fut une belle nuit. Le bateau glissait bien sous spi. La mer un peu désordonnée a rendu la navigation inconfortable. Sam fait du bon boulot à la barre. Il connaît bien le bateau. »

 

Fred Duthil : « Solidaires En Peloton - ARSEP)

« Belle traversée de la Manche au portant, rapide, avec du vent en fin de nuit. Le soleil dans le solent ce matin, était magnifique. Il y a de la bagarre… on avale les milles rapidement mais il y a de la mer à cause du courant… »

 

Halvard Mabire (Campagne de France)

« C’est très animé, très serré. Cela va vite, mais c’est très inconfortable ; il y a de la mer et cela secoue pas mal. On fait tout en ligne droite, dans 12-15 noeuds de vent. On est à vue de nombreux concurrents. On est en bonne compagnie. On a empanné trop tôt à Saint Marcouf. On découvre le bateau en condition course. On apprend à le faire marcher. On barre beaucoup car le pilote bug un peu… »

 

Brieuc Maisonneuve : (Delicecook)

« On a eu du mal à se mettre dans le rythme de la course. La nuit était bien, avec une belle glissade. Mais nous déplorons une avarie. La barre de liaison du safran bâbord s’est arrachée, et on ne peut plus l’utiliser. On a aussi d’autres petits soucis techniques qui nous incitent à nous dérouter sur Dartmouth. Nous allons signifier à la direction de course notre abandon. »

Nicolas Jossier – Région Normandie

« La reprise a été dure, on ne gomme pas deux ans sans courses comme cela. On accumule les boulettes depuis le départ, mais le plaisir reste intact. On s’accroche et on espère revenir si la meétéo le permet. En tout cas on s applique. »