Du 10 au 20 septembre 2020
Départ le dimanche 13 septembre 2020
Village public quai Vendeuvre


La flotte de la Normandy Channel race a connu cette nuit un sérieux coup de frein. Prélude à l’arrivée  d’une dépression très creuse, c’est une vaste zone orageuse et déventée qui attendait les concurrents depuis la baie de Plymouth jusqu’à la Mer Celtique. Le passage à Land’s End, à la pointe la plus occidentale de la Cornouaille anglaise, s’est effectué au tout petit trot pour les quatre leaders, toujours emmenés par le duo Franco-Britannique Phil Sharp - Sam Manuard (Imerys), et où l’on retrouve les animateurs « historiques » de cette 7ème Normandy Channel race, Thibaut Vauchel-Camus - Fred Duthil (Solidaires en Peloton - ARSEP), les Espagnols Pablo Santurde - Fidel Turienzo (Talès II) et les Malouins Maxime Sorel - Hugo Dallhenne (V and B). A noter la prise de pouvoir aussi spectaculaire que temporaire du duo espagnol en milieu de nuit. Talès II a en effet réussi à prendre 4 heures durant le meilleur sur Imerys, avant de se faire de nouveau déborder par l’est.

Derrière cette avant garde, c’est un peu la Bérézina! La « pétole » enserre les poursuivants dans ses calmes désespérants. Seul Marc Lepesqueux et Laurent Pellecuer (Sensation Class40) semblent trouver un peu d’air au plus près des côtes anglaises.

L’élastique du très provisoire classement général se tend ce matin en faveur des leaders. Comme c’est souvent le cas en voile, les « riches deviennent plus riches », en touchant les premiers les effets de l’arrivée de la dépression et ses puissants vents de secteur nord qui vont imposer aux duos le très physique et très redouté exercice de la navigation au près, face aux éléments, jusqu’au phare de Tuskar, dans le sud est de l’Irlande, encore éloigné de plus de 60 milles pour la majorité des concurrents de tête. Le « delta » entre le premier et le dernier concurrent était ce matin de 120 milles.

La mer Celtique devrait, ces prochaines heures, bouillonner sous l’impact des vents puissants envisagés, 25 noeuds et plus. C’est donc au reaching, et à grande vitesse que les Class40 rejoindront le Fastnet depuis Tuskar, prélude à une tout aussi rapide descente retour  au portant vers la pointe de la Cornouaille. Les écarts, déjà conséquents, puisque le premier poursuivant derrière la bande des quatre à laquelle on ajoutera Sensation Class40, est ce matin à plus de 38 milles (Generali-Horizon Mixité au duo Isabelle Joschke - Alain Gautier), devraient prendre encore plus d’ampleur.

 

A noter les deux abandons survenus hier après midi et cette nuit ; Brieuc Maisonneuve (associé à Fabien Delahaye) sur Delicecook a choisir hier de renoncer suite à la rupture de la barre de liaison du safran bâbord. C’est également un souci de safran, en l’occurrence la mèche du safran tribord qui a contraint cette nuit Catherine Pourre et Antoine Carpentier (Earendil), pourtant bien dans le match, à renoncer et à rentrer en France.

 

Les mots de la nuit :

 

Miranda Merron - Campagne de France

« Nous avons connu un moment très excitant à négocier le passage du cap Lizard, à cause de vilains nuages, d’énormes bascules de vent et de nombreux grains. Il va de soi que ce genre d’amusement se produit toujours de nuit! Puis, à l’approche de la pointe sud ouest de la Cornouaille, l’horizon s’est obscurci, le vent à brutalement basculé… il nous a fallu enrouler de toute urgence le gennaker pour pouvoir passer par le petit raccourci entre Longship et Land’s end, qui ne mesure que quelques centaines de mètres de large. Ca passe, tant que le GPS et les cartes sont exactes. A présent, nous attendons la dépression, dans une pétole absolue! Generali est à quelques milles devant nous, et Serenis pas très loin derrière… tous dérivent vers le nord avec le courant… »

 

Patrick Losq - Thomas Guichard - Axar

« La Manche a décidé de nous fermer le passage vers la mer d'Irlande. Longue nuit sans vent devant Plymouth sur une longue houle. »

Belle journée, terriens !

Patrick et Thomas

 

Robin Marais – Cedric de Kervenoael - Grizzly Barber shop

« Bonjour, des nouvelles des barbus de Grizzly barber Shop. Décidément la nuit ne nous réussit pas. La première fut difficile et la deuxième pire, plantés pendant 4 heures au cap Lizard. Fort heureusement, nos amis bataves de Maisai nous accompagnent dans cette galère.

À présent, il pleut ! ça manquait aux panels météo que nous avons rencontrés, mais, sans que nous puissions fournir la moindre explication objective à un terrien qui nous interrogerait à ce sujet, tout cela nous plait bien quand même...

C'est la magie de la course au large!!! Bonne journée. »

Cedric et Robin